galerie souterraine parisienne

CATACOMBES  Le réseau souterrain parisien attise de nombreux fantasmes. Souvent confondu avec le musée officiel des catacombes, les carrières de Paris recèlent en effet bien des secrets. Pénétrer dans ce monde d’obscurité nécessite, non seulement du courage, de la curiosité mais aussi de la motivation. Mais une fois dépassés les préjugés et ses appréhensions, chacun peut y découvrir sa part de lumière.

Depuis l’arrivée d’Internet, les descentes « Ktas » se sont multipliées, l’accès principal se transformant le samedi soir en une véritable autoroute. Malgré tout, ce monde cataphile a su conserver sa part de mystère. Car pour profiter véritablement de cette expérience, il faut accepter de se perdre dans son réseau labyrinthique, environ 135 km de galeries praticables, et revivre parfois les pires cauchemars de son enfance.

Le monde du silence

La plongée, quand elle se fait dans le silence, est impressionnante. En quelques minutes, vous êtes à une vingtaine de mètres sous terre, en plein cœur de Paris mais dans une obscurité totale et un calme absolu. Il faudra plusieurs heures pour vous habituer à cet univers minéral, à ces « basses » qui vous obligent à vous courber le dos, aux pierres saillantes qui débordent du « ciel » et qui risquent à tout moment de vous heurter le crâne. L’enfilade des galeries finit par créer une sorte d’état d’hypnose. Et en l’absence de ses repères habituels, la perception du temps évolue. C’est alors que la vraie rencontre peut alors avoir lieu.

Un secret à découvrir

Eclairé par une « acet » , le calcaire prend vie, se dorant de miel, l’eau transparente laisse imaginer une source éternelle. L’histoire de Paris se déroule maintenant sous vos yeux. Les pierres ont conservé la marque des entailles faites par les carriers. Des signatures et des dessins réalisés à partir de noir de charbon ou de graphite donnent à cet ensemble à priori anonyme, un visage, un prénom, l’ambiance d’une époque. Des noms de rues, aujourd’hui disparues à la surface, servent désormais à se repérer dans ce vaste réseau. Quelques ossuaires continuent d’attirer les curieux et offrent aux « ristou » le fameux frisson attendu. Etrangement, le secret n’est pas là, caché dans ces amas d’os piétinés, qui bientôt ne seront plus que poussière. Et pourtant il y a bien des fantômes sous Paris, il faut pour cela oser s’aventurer seul (ou presque ) et traverser le miroir ou plutôt la chatière.

Une renaissance

Ces longs boyaux, creusés par les cataphiles avec du matériel rudimentaire, permettent d’accéder à certaines salles, de pénétrer de nouvelles parties restées longtemps inexplorées. Ces passages, plus ou moins tenus secrets, sont une véritable épreuve de force. Il faut ramper, s’extirper de la terre, accepter un certain lâcher-prise sur les évènements et avoir une totale confiance en son guide. Ces montées d’adrénaline font bien sûr partie du charme du lieu, mais au-delà de cette excitation presque adolescente, les carrières offrent un véritable sas avec le monde réel. Ce monde souterrain est à la fois un lieu intangible et intemporel. Il donne surtout un espace unique de rencontre avec soi-même face à ses peurs, son courage ou ses limites.
Attention cependant le risque est réel et surtout la balade interdite.

De nombreuses carrières existent également en banlieues parisienne et en province…il suffit pour les trouver de fouiller sur la toile…bonne exploration !

 

Ce qu’en dit la loi: « Il est interdit à toute personne non munie d’une autorisation émanant de l’Inspection générale des carrières d’ouvrir les portes et trappes d’accès aux escaliers et puits à échelons ou autres des anciennes carrières, de descendre dans ces ouvrages, de pénétrer et de circuler dans les vides des anciennes carrières s’étendant sous l’emprise des voies publiques de la Ville de Paris » (arrêté du 2 novembre 1955).

 

Pour tout savoir :
L’atlas du Paris souterrain, sous la direction d’Alain CLEMENT et de Gilles THOMAS, édité par PARIGRAMME

Pour les photos :
-Les Catacombes de Paris – Promenade Interdite de Gaspard DUVAL éd. Volum
– À la découverte des souterrains de Paris de Patrick Saletta, éd. SIDES

À revoir pour le plaisir :

Les Gaspards, film de Pierre Tchernia de 1974, sorti en DVD en 2008 http://www.allocine.fr/film/fichefilm-6723/dvd-blu-ray/?cproduct=12692